madame_dulac Très grand Pan d'Hüll


Age : 48 Inscrit le : 05 Oct 2006 Messages : 2585 Localisation : Lyon
 | Sujet: Pomerium Mer 10 Jan - 12:59 | |
| Je vous donne ce que vient de m'envoyer un correspondant (que je remercie au passage) sur le pomerium :
| Citation: | Pomerium (ligne sacrée)
Les nouvelles villes (gallo-romaines) suivaient le modèle de Rome dans leur structure urbaine et l’architecture de leurs monuments. Le plus souvent, les topographes choisissaient de bâtir la ville selon un plan régulier, en damier, autour de deux a x e s p e r p e n d i c u l a i r e s orientés dans les directions est-ouest (decuma-nus) et nord-sud (cardo). Les villes romaines du sud de la Gaule ont souvent connu la mise en place de plusieurs plans en damier superposés. L’acte primordial de fondation d’une ville était la délimitation du périmètre urbain, situé à l’intérieur d’une ligne sacrée, le pomerium. Celui-ci marquait la frontière entre le monde des vivants, à l’intérieur de la ville, et celui des morts, à l’extérieur de celle-ci. Dans le monde romain, nécropoles et tombeaux se trouvaient en effet aux abords des centres urbains, le long des routes. La ville était parfois entourée d’une enceinte, comme à Nîmes. Dans ce cas précis, on sait par une inscription gravée sur la porte d’Auguste que l’empereur donna à la colonie les portes et les murs, en 16 av. J.-C. Le droit de rempart était donc une faveur impériale. Toute ville était dotée de monuments publics stéréotypés : un forum, des temples, des thermes et aqueducs, des édifices de spectacle.
Source : www.cr-languedocroussillon.fr/uploads/Document/WEB_CHEMINACC_3716_1136546823.rtf -
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| Citation: | Agrandissement de Rome sous Servius Tullius
(80.000 citoyens viennent d'être recensés) Pour une telle population, un agrandissement de Rome s'imposait. Il lui adjoint deux collines, le Quirinal et le Viminal ; après quoi il agrandit les Esquilins et, pour que le quartier ait une meilleure réputation, il s'y fixe lui-même. Il établit un talus, un fossé et un mur tout autour de la ville ; par la suite, il reporte plus loin le Pomerium. Ce mot, si l'on ne regarde que l'étymologie [post-mœrium ou post-muros] signifie les boulevards ; mais il désigne plutôt la zone, ce terrain que jadis, quand on fondait une ville, les Étrusques bornaient avec rigueur et consacraient d'après les augures comme emplacement des fortifications ; c'est pourquoi à l'intérieur les maisons particulières ne pouvaient être adossées aux remparts [...] et à l'extérieur il y avait une bande de terrain libre de toute activité humaine. C'est cet espace, où on ne devait rien bâtir ni cultiver qui s'appelle en latin "Pomerium" à la fois parce qu'il est derrière le mur et le mur derrière lui. Quand Rome prit de l'extension, tout recul des murailles entraînait un recul égal de la zone consacrée.
Tite-Live, Histoire romaine, I, XLIV.
Source : http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/anti/rome/romtxt07.htm
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| Citation: | On sait que Rome, urbs et civitas indémêlées, était délimitée par ce qu’on appelait le pomerium, contraction du mot post-muros, l’après-mur, qui désignait une bande de terrain vide en dedans et en dehors des murs où il était interdit de construire et de labourer. Il constituait à la fois l’intérieur et l’extérieur de l’enceinte sacrée de la Cité, où nul ne pouvait s’installer, ni vivre ni travailler, seulement passer et repasser, en franchir l’espace sans s’y fixer. Au-delà de ce pomerium, il y avait ce que les Grecs appellent l’eskhatos, l’extrémité, le monde reculé, le domaine de la fin, la vie extra-muros des lointains les plus étranges. Nos villes n’ont plus de murs depuis longtemps, ni en dedans ni en dehors, qui les séparent en deux ou qui les entourent : l’extrémité, l’eskhatos, l’espace propre au rare et au bizarre, la mare du sanglier, l’oikos du solitaire, bref le lieu de l’isolé se trouve désormais au coeur de la Cité, dans les lieux communs de l’urbanité et de la civilité. Le singulier est celui qui vit dans les parages de la communauté, les lieux collectifs ayant toutefois intériorisé leurs environs, les zones et les abords les plus hétérogènes, les lieux du ban compris, soit les banlieues au sens étymologique du terme. Cette image du singulier comme « sanglier » est l’expression hyperbolique de ce qui en chacun de nous échappe aux lieux communs, aux espaces publics et aux grands ensembles sociaux, aux différents groupes d’appartenance nationale, linguistique, religieuse, territoriale ou autre, et qui résiste ainsi, de l’intérieur comme du dehors, à toute forme de reconnaissance, même individuelle, sinon sous la forme de l’idios ou de l’idiotisme, au sens étymologique du terme, qui désigne ce qui apparaît étrange ou étranger parce qu’on n’en reconnaît pas les formes, les contours ou l’apparence, dès lors non individualisables ou non identifiables.
Source : http://www.erudit.org/revue/tce/2002/v/n69/008071ar.html |
| Citation: | Sous la Rome antique, le pomerium ─ en latin pomœrium ─ est l'enceinte sacrée d'une ville, et plus spécialement la limite de la cité romaine que Romulus, en tant que rex, étymologiquement « tireur de trait » (« roi » en français) traça d'un sillon lors de la fondation de Rome en 753 av. J.-C.
Il constitue la limite de la ville, et correspond peu ou prou à Rome à la muraille de Servius Tullius. Cependant, le mur d'enceinte de la ville ne marque pas la limite du pomerium, dont le tracé est signalé par des cippes. Son caractère sacré est très fort, équivalent à celui du terrain sacré d'un temple ─ templum ─, et le territoire de la ville est consacré à Jupiter. Lorsque Remus, par dérision, viola cette limite en sautant au-dessus du sillon, Romulus le tua, l'acte étant en effet sacrilège. Il existe un pomerium pour chaque cité antique.
C'est à l'intérieur du pomerium qu'ont lieu les activités civiques qui différencient pour les Anciens l'homme de l'animal. Il s'agit des cultes civiques (notamment la triade capitoline), des activités politiques (délibérations, vote sur le forum), de la justice. C'est également à l'intérieur du pomerium que sont établies les institutions nécessaires à la bonne marche de la cité : tribunaux, trésor, archives.
Ce caractère sacré en exclut la mort et tout ce qui rappelle la mort. Les cadavres, dépouilles et armes en sont donc bannies : le champ de Mars, terrain de manœuvres militaires où a lieu chaque année la conscription, est à cet égard situé à l'extérieur des limites de la ville et les cimetières sont établis aux sorties des villes romaines (les catacombes chrétiennes suivront cette tradition et seront donc hors du pomerium). Les exécutions capitales, à Rome, avaient lieu sur la roche Tarpéienne, qui était au pied de la falaise du Capitole. On précipitait les condamnés du haut de cette falaise. La limite du pomerium passant sur cette falaise, les condamnés mouraient à l'extérieur. Également, c'est dans le théâtre de Pompée, à l'extérieur du pomerium, que César fut assassiné. Trajan est le seul empereur dont les cendres ont été conservées à l'intérieur du pomerium, dans la colonne qui porte son nom.
L'interdit religieux lié au pomerium conduisit à des faits notables :
un triomphe devait faire passer le triomphateur avec son armée par le pomerium, le long de la via Sacra. Or, aucun détenteur de l'imperium ─ pouvoir lié à la mort ─ ne pouvait pénétrer ainsi dans le pomerium : le général ─ ou le promagistrat ─ concerné devait attendre à l'extérieur du pomerium que le Sénat romain le relève de son imperium pendant la durée de la cérémonie. à la fin de la République, le corps du démagogue Clodius Pulcher fut incinéré sur le forum, celui de Jules César également. Dans les deux cas, cet acte était un sacrilège, commis volontairement par leurs partisans pour attirer la colère des dieux sur les assassins des deux défunts. L'empereur Aurélien en repoussa les limites en 273 par la construction du mur d'Aurélien.
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_________________ Il y en a qui sont faits pour commander et d'autres pour obéir. Moi je suis fait pour les deux : ce midi, j'ai obéi à mes instincts en commandant un deuxième pastis. (Dac) |
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